iratv.net

Informer en temps réel !

Guem Sa Bopp Les Jambaars exige la publication des rapports des corps de contrôle sur la gestion du gouvernement de Sonko

 

La Cellule stratégique des cadres Jambaars a réclamé, vendredi 6 novembre 2026, la publication des rapports des corps de contrôle portant sur la gestion de l’administration dirigée par Ousmane Sonko. Lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti, à la Cité Keur Gorgui, à Dakar, le mouvement a également fustigé le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la majorité parlementaire, y voyant un révélateur des contradictions au sein du pouvoir.

S’exprimant au nom du mouvement, Moussa Niang, délégué national chargé de la vie politique, est revenu sur le rejet, le 3 novembre, du projet de loi de finances rectificative. « L’Assemblée nationale a enterré la loi de finances rectificative par une question préalable déposée par un député de la majorité elle-même. Le texte est rejeté sans examen de fond, par 126 voix favorables à la question préalable », a-t-il déclaré.

Pour le porte-parole, les conséquences de cette crise institutionnelle dépassent largement le cadre parlementaire. « C’est le pays qui encaisse le choc. Rejeter n’est pas gouverner. Comment un pouvoir qui promettait de transformer le Sénégal peut-il ne plus maîtriser ses propres contradictions ? », s’est-il interrogé, estimant que le pays est aujourd’hui confronté à un blocage affectant l’ensemble de l’appareil étatique.

Sur le plan économique et budgétaire, Moussa Niang a mis en garde contre les risques que le rejet de la LFR pourrait faire peser sur l’exécution du budget de l’État, notamment le paiement des salaires, des fournisseurs et le fonctionnement des services publics. Sur le plan social, il a dénoncé la cherté de la vie et la dégradation des conditions d’existence des populations, pointant également la situation préoccupante de la jeunesse, confrontée au chômage et à la précarité.

Évoquant l’émigration irrégulière, le porte-parole a fait référence aux 378 personnes interpellées à Fatick en l’espace de trois jours. « Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des vies », a-t-il déploré.

Abordant la situation économique et financière du pays sur le plan international, Moussa Niang a estimé que les révélations relatives à la question des « dettes cachées » ont considérablement affecté la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires. À l’appui de son argumentaire, il a cité les chiffres du Programme de redressement économique et social, faisant état d’une baisse des recettes de 762,9 milliards à 311,5 milliards de francs CFA, soit un écart de 451,4 milliards, d’une croissance de 2,7 % et d’un déficit budgétaire de 7,6 % du PIB.

Face à cette situation, la Cellule stratégique des cadres Jambaars formule plusieurs exigences. Outre la publication des rapports des corps de contrôle, elle préconise la mise en place de moratoires fiscaux en faveur des entreprises fragilisées par le contexte économique. Moussa Niang estime par ailleurs que « la dissolution de l’Assemblée nationale pourrait être envisagée si le blocage institutionnel persiste », tout en précisant qu’une telle démarche devrait s’inscrire dans le strict respect des dispositions de l’article 87 de la Constitution.

Sur le terrain politique, le porte-parole a appelé l’opposition à dépasser ses divisions pour faire face au pouvoir en place, estimant que les dérives et les tâtonnements qu’il impute à l’actuelle gouvernance imposent une nouvelle dynamique de rassemblement. Dans cette perspective, il a annoncé que Guem Sa Bopp Les Jambaars donne un mandat favorable aux cadres de la coalition Sam Sa Kaddu pour engager une ouverture en direction de toutes les forces de l’opposition, en vue de constituer une large coalition susceptible de peser sur l’échiquier politique national.

Enfin, Moussa Niang a annoncé le retour prochain du président du mouvement, Bougane Guèye Dany, dans l’arène politique, prévu dès la troisième semaine du mois de novembre 2026, au lendemain des Jeux olympiques de la jeunesse.

Moctar Sissoko