Dakar, 30 mars 2026 – Le groupe parlementaire Takku Wallu a tenu une conférence de presse ce lundi pour faire le point sur un débat national portant sur deux sujets majeurs, en présence de hauts responsables de la coalition.
À l’ouverture de la conférence, la présidente du groupe, Me Aïssata Tall Sall, est revenue sur la polémique née après la publication, le 23 mars par le Financial Times, d’un article révélant que le Sénégal aurait mobilisé un montant de 650 millions d’euros via le mécanisme financier TRS, ou Total Return Swap (SWAP), auprès de First Abu Dhabi Bank (FAB) et Africa Finance Corporation (AFC).
Me Tall Sall a rappelé que si ce mécanisme est légal, il présente des risques importants. Concrètement, l’État sénégalais aurait cédé les flux financiers issus de ses titres à ces établissements financiers pour obtenir des liquidités. Toutefois, ce mécanisme, conclu de gré à gré, est critiqué pour son opacité, notamment en raison de l’absence d’appel d’offres et de publicité. Par ailleurs, le TRS n’est pas inscrit dans le budget de l’État, masquant ainsi le niveau réel d’endettement public, puisque juridiquement ce dispositif est qualifié de produit dérivé, et non de prêt classique.
Me Tall Sall a souligné que si le TRS permet d’obtenir rapidement du cash, le coût en décote et les risques encourus sont lourds : « Pour 150 millions d’euros mobilisés, l’État ne reçoit que 105 millions, et pour 400 millions, il n’en touche que 300 ». Elle a également évoqué un avertissement célèbre de Warren Buffet datant de 2003, qui qualifiait ce type de swap de « arme financière de destruction massive ».
Plus inquiétant encore, l’Assemblée nationale n’aurait pas été informée de ce montage financier. De surcroît, selon Me Tall Sall, des soupçons pèsent sur d’éventuelles garanties sur les hydrocarbures sénégalais, sans que le gouvernement ne communique clairement sur ces engagements.
Face à ces graves interrogations, le groupe parlementaire Takku Wallu déposera dans les prochains jours une résolution en vue de créer une commission d’enquête parlementaire conformément à l’article 53 du Règlement Intérieur, afin de faire toute la lumière sur ce mécanisme TRS.
Sur un autre volet, Me Tall Sall a confirmé que la candidature de Macky Sall à un poste à l’ONU est « actée » depuis le 2 mars. Elle a rappelé que l’Union africaine a majoritairement soutenu cette candidature, soulignant que 37 des 55 États membres ont approuvé cette démarche. Le président sénégalais a depuis présenté sa vision stratégique pour son mandat onusien.
MOCTAR SISSOKO

Plus d'histoires
Ndeyi Askann Wi : réactions sur la Fondation Nationale Sénégal Solidaire et la série « Takkema »
La Bibliothèque centrale de l’UCAD célèbre ses 60 ans sous le signe de l’innovation
Lancement officiel du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI) : une vision ambitieuse pour le Sénégal de 2050