Dans un récent passage sur l’émission « Lii Nëbou Eup Lii Fëgn » diffusée sur la chaîne en ligne IRA TV, Mamadou Niang, expert meunier et consultant au cabinet NCA Business Training, a livré une analyse approfondie sur l’importance de la boulangerie et du métier de meunier. Il a tenu à clarifier un point essentiel : le meunier fabrique la farine, tandis que le boulanger façonne le pain, établissant ainsi une distinction fondamentale entre ces deux maillons clés de la chaîne de valeur du pain.
Une expertise reconnue et un engagement pour l’industrialisation
Mamadou Niang n’est pas un novice dans le domaine. En 2003, il a monté une première usine en partenariat avec des investisseurs italiens et allemands. Plus récemment, il a supervisé la construction d’une usine d’une valeur de 7 milliards de francs CFA, employant de nombreux jeunes Sénégalais. Pour lui, la boulangerie est un secteur stratégique, et les bons boulangers sont de véritables chimistes, maîtrisant les subtilités de la fermentation et des ingrédients pour offrir un pain de qualité.
L’évolution du prix du pain et le rôle des autorités
L’expert est revenu sur les différentes politiques gouvernementales ayant tenté de réguler le prix du pain. Sous la présidence de Macky Sall, plusieurs ministres du Commerce, dont Mata Sy Diallo et Malick Gackou, ont tenté d’agir sur la filière, sans parvenir à baisser durablement le coût du pain. L’arrivée de Alioune Sarr a marqué une avancée, avec une réduction du prix du sac de farine de 18 000 à 17 200 francs CFA, alors que la baguette coûtait 150 francs.
Cependant, selon Mamadou Niang, la véritable révolution est en cours sous le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont opéré une baisse historique du prix du sac de farine de 4 000 francs CFA, une mesure sans précédent au Sénégal. Il salue cet engagement, tout en insistant sur la nécessité d’une farine de qualité pour optimiser la production des boulangeries. En effet, un sac de farine bien calibré permet d’obtenir 320 baguettes, contre seulement 100 baguettes avec une farine de moindre qualité.
Le paysage meunier au Sénégal et la nécessité d’une régulation
Le Sénégal compte aujourd’hui sept usines de fabrication de farine, dont SEDIMA, dirigée par un Sénégalais, qui réalise un chiffre d’affaires de 2 milliards de francs CFA. Toutefois, d’autres acteurs du secteur engrangent des bénéfices bien supérieurs. Mamadou Niang souligne que le secteur a bénéficié de milliards de francs CFA de la part de l’État sous Macky Sall, notamment à travers l’octroi de terres aux meuniers. Il estime que ces aides doivent être mieux encadrées et redistribuées pour favoriser un développement équilibré du secteur.
Un appel à l’État pour encourager l’entrepreneuriat dans la boulangerie
L’expert plaide pour une démocratisation de l’accès à la boulangerie afin de créer de l’emploi et lutter contre le chômage. Il encourage les autorités à faciliter l’ouverture de boulangeries de proximité dans chaque quartier, ce qui permettrait non seulement de rapprocher le pain des consommateurs mais aussi d’offrir des opportunités d’insertion professionnelle aux jeunes.
Avant de conclure, il a tenu à remercier IRA TV pour son professionnalisme et a réaffirmé son engagement à continuer à sensibiliser sur les enjeux du secteur meunier au Sénégal. « Impérativement, il y a une chaîne de valeur à respecter. Et ici, je suis le seul qui parle de la farine », a-t-il insisté.
Avec cette intervention marquante, Mamadou Niang rappelle que la boulangerie et la meunerie sont des piliers économiques et sociaux du pays, et qu’une structuration rigoureuse de ces secteurs est essentielle pour garantir un pain de qualité accessible à tous.
Abdou Thiam Dogo
Voici la vidéo en question que nous vous proposons de suivre : Mamadou Niang expert Meunier

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