Dakar, le 19 mai 2026 – Le député non-inscrit Tafsir Thioye a vivement critiqué, mardi, lors d’un point de presse à Dakar, la promulgation par le président Bassirou Diomaye Faye de la loi modifiant les articles 29 et 30 du Code électoral. Selon le parlementaire de la coalition Sopi Sénégal, ce texte promulgué la veille entache, selon lui, la gestion du chef de l’État d’une « tâche noire ».
Face aux journalistes, M. Thioye n’a pas ménagé ses accusations, dénonçant, « la promulgation d’un texte entaché de faux, inapplicable et contraire à l’esprit des institutions ». « Vous ne pouvez pas promulguer cette loi, a-t-il lancé. Le président a validé un texte faux, qui n’est pas bon, qui n’est pas applicable. L’histoire le retiendra. »
Le parlementaire a rappelé avoir déjà alerté le chef de l’État quant à la teneur du projet de loi. « Je l’ai interpellé pour lui dire que le texte qu’il détenait était un mauvais texte. Il m’a écouté une première fois, en sollicitant une seconde lecture, mais à la deuxième occasion, il ne m’a pas suivi. Malheureusement, il a validé un texte qui n’est pas conforme », a regretté Tafsir Thioye.
La loi, parue au Journal officiel du 15 mai 2026 sous le n°2026-10, réforme notamment la durée d’inéligibilité à cinq ans à compter de la condamnation définitive, dans le but affiché de « préserver la vitalité démocratique » et de clarifier les interdictions en matière électorale.
Cependant, le député fustige les irrégularités entourant cette promulgation, pointant notamment la coexistence de trois numéros différents pour désigner le texte. « On a eu un texte n°9-2026, puis le 2026-10, et même un numéro 11. Trois numéros différents pour le même texte de loi, c’est inadmissible. C’est une première dans l’histoire politique du pays et cela relève d’une falsification », a dénoncé M. Thioye. Il affirme également que la version soumise à la commission pour une seconde délibération ne comportait même pas de page de garde originale.
Enfin, s’appuyant sur la prééminence du Conseil constitutionnel, le député estime que « ses décisions s’imposent à toutes les autorités », et considère que le président aurait dû s’y conformer. « Malheureusement, il a promulgué un faux texte, protégé des faussaires, et validé un document truffé de contradictions et d’incongruités », a-t-il martelé pour conclure.
Moctar Sissoko

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