À l’occasion de la 8e édition de la Semaine internationale des archives, célébrée à travers le monde, le Laboratoire de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication (LaRSIC) de l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD), à l’Université Cheikh Anta Diop, a organisé une journée d’études pour attirer l’attention sur l’importance cruciale des archives et des archivistes. L’événement s’est articulé autour du thème mondial de cette année : « Archives pour la justice : droits, mémoire et avenir ».
« Il s’agit de mettre les archives au-devant de la scène pour rappeler leur rôle dans la préservation de la mémoire collective et le renforcement de la démocratie », a expliqué Sylvestre Koriakou, directeur adjoint du LaRSIC à l’EBAD. Selon lui, la rencontre a permis d’aborder trois axes majeurs : le rôle des archives dans l’administration de la justice, la préservation de la mémoire et l’anticipation sur l’avenir à travers de nouveaux supports documentaires.
Pour les organisateurs, les archives judiciaires demeurent essentielles : « Sans archives, il n’y a pas de preuves et, sans preuves, la justice ne peut fonctionner correctement », rappelle M. Koriakou. Par ailleurs, il souligne l’importance mémorielle de ces documents qui permettent de comprendre le passé afin d’éclairer le présent et de préparer l’avenir. Enfin, la question de la gestion des nouveaux types d’archives, à l’ère du numérique, a également été au centre des réflexions.
Néanmoins, l’état des archives au Sénégal suscite l’inquiétude des spécialistes. Intervenant sur la question, le professeur Mor Diéye de l’EBAD a dressé un constat accablant : « Les archives ne se portent pas très bien au Sénégal, principalement en raison des problèmes de conservation. Même si le Centre national des archives judiciaires de Louga existe, les conditions générales de conservation restent insuffisantes et les normes ne sont pas respectées. »
Pour inverser la tendance, Pr Diéye appelle à l’adoption rapide d’une politique nationale d’archives, en saluant toutefois les efforts actuels engagés par la direction nationale et les autorités compétentes. « Les archives nationales sont conservées dans un centre commercial. Ce n’est certainement pas l’endroit le plus approprié pour préserver notre mémoire collective », déplore-t-il, en plaidant pour une réponse institutionnelle forte à cet enjeu crucial pour le pays.
Moctar Sissoko

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