Dakar, le 26 octobre 2026— Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a tenu un point de presse ce lundi à la Patte d’Oie, à Dakar, pour dénoncer le refus du groupe parlementaire PASTEF de voter la Loi de finances rectificative (LFR) 2026. Placée sous le thème « Le refus de voter la LFR 2026 : une trahison de la majorité envers le peuple », la rencontre s’est déroulée en présence des responsables du mouvement Sonko Dégage et du MSD, de la représentante du parti La Nouvelle Responsabilité à Touba, ainsi que d’artistes et de lanceurs d’alerte.
Prenant la parole au nom du mouvement, Mohamed Dia, porte-parole du jour et cadre du MSD, n’a pas mâché ses mots : « Nous sommes venus ce soir dire une vérité que personne n’ose dire à Dakar : la majorité parlementaire PASTEF a trahi son mandat. »
M. Dia a d’abord salué l’acte du gouvernement qui, le 10 octobre, a déposé la LFR 2026. « C’est un acte de transparence. Il dit au peuple : voilà où nous en sommes, voilà les ajustements nécessaires », s’est-il félicité. Avant de fustiger l’attitude de la majorité : « Que fait la majorité ? Avec ses 130 députés, au lieu de voter, au lieu d’amender, au lieu de débattre comme le veut la démocratie, elle refuse de voter. Elle déclare le texte irrecevable, pour un prétexte de pièces manquantes. Nous disons que c’est faux. Et c’est grave. »
Le mouvement conteste également la base juridique de ce rejet. « C’est juridiquement faux. La loi dit que le Bureau vérifie la recevabilité. Mais la pratique parlementaire de ce pays depuis 60 ans dit qu’on examine, qu’on demande des compléments en commission, qu’on auditionne le ministre des Finances. On ne jette pas un budget de la République à la poubelle par un communiqué du Bureau. C’est une fuite. C’est politiquement irresponsable », a-t-il affirmé.
Le MSD a tenu à rappeler les implications d’un tel refus : « Refuser de voter la LFR, c’est refuser de payer les rappels des enseignants en grève depuis trois jours. C’est refuser de respecter l’accord avec le central syndical. C’est refuser de payer la bourse de sécurité familiale. C’est bloquer les collectivités locales qui attendent leurs fonds. » Et d’ajouter : « Pendant ce temps, le Sénégalais de Colobane, d’Ourrossogui, de Matam ou de Bakel attend que le prix du riz baisse, que son enfant aille à l’école. Vous voulez que l’école soit fermée parce que vous avez bloqué la LFR qui devait payer l’enseignant ? »
Le mouvement a lancé un ultimatum à la majorité : « Nous demandons la convocation immédiate d’une session extraordinaire, avec audition publique du ministre des Finances, et le vote de la LFR dans les 24 heures. Le pays ne peut plus attendre vos querelles internes. » Et de conclure : « Si vous ne voulez pas de cette LFR, dites-le clairement et proposez-en une autre. Si vous ne savez pas l’examiner, formez-vous. Mais ne prenez pas le pays en otage. Le Sénégal n’est pas une page Facebook. C’est une République. On ne peut pas rejeter le budget par un simple communiqué de presse. »
Après la déclaration liminaire, plusieurs intervenants se sont succédé au micro pour désigner l’ancien Premier ministre et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, comme le seul responsable de la situation. Ils l’accusent notamment d’avoir supprimé de nombreux projets structurants pour la ville sainte de Touba dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026, dont le projet de l’autoroute de l’eau. Le MSD appelle à un audit de la gestion d’Ousmane Sonko à la Primature durant ses deux années, en particulier sur le fonds JAM pour la paix en Casamance, et exige l’ouverture d’une enquête à son encontre.
Pour rappel, le projet de LFR a été rejeté le 23 octobre 2026 par la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale. Son examen en séance plénière est prévu ce mardi 27 octobre 2026.
Moctar Sissoko

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